Le PIB du Maroc en 2024 : à combien s’élève-t-il ?
Le produit intérieur brut nominal du Maroc s’établissait à 154,43 milliards de dollars en 2024, selon les données officielles de la Banque mondiale. Ce chiffre représente 0,15 % de l’économie mondiale, une part modeste à l’échelle globale mais qui masque une trajectoire d’expansion continue.
En parité de pouvoir d’achat (PPA), l’image est plus flatteuse : le PIB marocain dépasse 403 milliards de dollars en 2024 et 469 milliards en 2026 selon les projections du Fonds monétaire international. Ce dernier chiffre, souvent mis en avant par Rabat dans ses communications officielles, reflète mieux le niveau de vie réel des 38 millions d’habitants du pays.
Le PIB par habitant nominal atteint environ 4 298 dollars en 2024, soit un peu plus de 3 400 dollars par habitant selon les données de la Banque mondiale. Une donnée qui situe le Maroc dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire, à mi-chemin entre les économies avancées d’Europe et les pays les moins développés du continent africain.
Une croissance soutenue sur la durée
La reprise après le choc de 2020
La pandémie a provoqué une contraction inédite : le PIB marocain a reculé de 7,2 % en 2020, son plus fort recul depuis des décennies. Le rebond a suivi dès 2021, avec une progression de 8,2 %, avant un net ralentissement à 1,8 % en 2022 sous l’effet de l’inflation mondiale et d’une mauvaise saison agricole.
Depuis, le rythme s’est stabilisé autour de 3,5 à 4 % par an. Au premier trimestre 2025, le HCP (Haut-Commissariat au Plan) a enregistré une croissance de 4,8 %, portée simultanément par les secteurs agricoles (+4,5 %) et non agricoles (+4,6 %). L’investissement brut a bondi de 17,5 %, atteignant 28,8 % du PIB — un signal fort pour les années à venir.
Les prévisions du FMI jusqu’en 2030
| Année | PIB nominal (Mds USD) | Croissance |
|---|---|---|
| 2026 | 194,3 | 4,9 % |
| 2027 | 212,8 | 4,5 % |
| 2028 | 227,9 | 4,5 % |
| 2030 | 263,2 | 4,1 % |
Le FMI table sur une croissance annuelle proche de 4,5 % jusqu’en 2030, portant le PIB marocain à plus de 263 milliards de dollars. Un scénario qui dépend étroitement de la pluviométrie (l’agriculture représente encore 16,5 % du PIB) et de la stabilité des échanges avec l’Union européenne, premier partenaire commercial du pays.
Les moteurs de cette progression
L’économie marocaine repose sur trois piliers principaux :
- Les phosphates : le Maroc détient les premières réserves mondiales et figure parmi les trois premiers producteurs de la planète. Ce secteur contribue directement à la balance commerciale et attire des investissements étrangers réguliers.
- L’industrie automobile et aéronautique : ces deux filières ont transformé la structure exportatrice du pays. En 2021, l’automobile représentait à elle seule 35,7 % des exportations marocaines, devant l’agroalimentaire (22,5 %).
- Les services : avec 51,4 % du PIB, ce secteur domine l’économie. Le tourisme contribue à hauteur de 7 % du PIB et génère directement près de 550 000 emplois. En 2018, les recettes touristiques avoisinaient 89 milliards de dirhams.
L’Union européenne absorbe 66,7 % des exportations marocaines — un avantage compétitif mais aussi une exposition marquée aux cycles économiques européens.
Où se place le Maroc dans le classement mondial et africain ?

Le Maroc occupe la 60e position mondiale selon le classement FMI 2026, derrière le Qatar (58e) mais devant des économies comme la Croatie ou la Bulgarie. C’est la 5e puissance économique d’Afrique selon la Banque mondiale, derrière le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie. Pour comprendre le poids relatif de ses voisins dans la région, il est utile d’examiner l’état de l’économie algérienne, qui constitue sa principale référence de comparaison au Maghreb.
Au sein du Maghreb, la comparaison est nuancée. L’Algérie affiche un PIB en PPA plus élevé (274,5 milliards de dollars contre 171 milliards pour le Maroc selon des données Wikipedia de référence), notamment grâce aux rentes pétrolières. Mais le Maroc enregistre un taux de croissance structurellement supérieur et une économie davantage diversifiée, ce qui explique l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour le royaume.
La dette publique représente 68,9 % du PIB en 2024 (un niveau à surveiller), tandis que l’inflation est retombée à 0,49 %, l’un des taux les plus bas de la région.







