Début 2026, Jean-Michel Aulas se présente comme candidat sans étiquette aux élections municipales de Lyon, soutenu par Les Républicains et Renaissance. L'ancien président de l'Olympique lyonnais a officialisé sa candidature en septembre 2025, créant le mouvement « Cœur lyonnais » après avoir conclu un accord stratégique avec Laurent Wauquiez. Cette alliance avec la droite et le centre macroniste marque son entrée fracassante dans l'arène politique à 76 ans.
Son engagement actuel au sein de la vie politique
L'homme d'affaires lyonnais incarne une candidature hybride qui brouille les lignes partisanes traditionnelles. Bien qu'il revendique le statut de représentant « apolitique » de la société civile, son positionnement reste ancré à droite à travers l'accord scellé avec Pierre Oliver, maire LR du 2e arrondissement qui a retiré sa candidature pour soutenir Aulas. Le mouvement « Cœur lyonnais » lancé en septembre 2025 fédère des élus locaux issus de LR et Renaissance. Cette structure rassemble neuf têtes de liste d'arrondissement présentées en janvier 2026, composées de personnalités du centre-droit et d'acteurs du tissu économique lyonnais. Gabriel Attal, alors président de Renaissance, avait d'ailleurs apporté son soutien public en septembre dernier sur les réseaux sociaux.
De l'entrepreneuriat à la politique : l'évolution de Jean-Michel Aulas
- 1987-2023 : Président de l'Olympique lyonnais : Durant 36 années à la tête de l'OL, il transforme un club endetté en puissance européenne, remportant sept titres de champion de France consécutifs
- Fondateur de Cegid : Créateur à 34 ans de cette entreprise devenue leader mondial des solutions de gestion, cédée à Groupama en 2004
- Membre du COMEX de la FFF : Intégration au comité exécutif de la Fédération française de football après son départ de l'OL
- Septembre 2025 : entrée en politique – Première candidature électorale de sa carrière face au maire écologiste Grégory Doucet
Au-delà de l'étiquette : comprendre les nuances de son engagement
La posture « sans parti » de Jean-Michel Aulas relève davantage d'une stratégie de communication que d'une réalité politique. Son profil rappelle celui de Silvio Berlusconi en Italie : utiliser la notoriété acquise dans le sport pour conquérir le pouvoir municipal. La démarche s'apparente aux méthodes dites « trumpistes » selon plusieurs analystes, alternant promesses spectaculaires comme la création d'un « hôtel des polices futuriste » et discours offensif contre la gestion écologiste de la ville. Cette ambiguïté lui permet de séduire un électorat dépassant les frontières du bloc droite-centre, tout en bénéficiant des réseaux militants établis de LR et Renaissance pour structurer sa campagne. Son réseau politico-financier tissé durant trois décennies à l'OL constitue un atout majeur dans cette bataille électorale.
Quelles sont ses dernières prises de position et activités ?
Soutien médiatique de Karim Benzema – Début janvier 2026, l'ex-attaquant de l'OL affirme depuis l'Arabie saoudite que « Jean-Michel Aulas a tout pour réussir » comme maire et que Lyon « mérite beaucoup mieux ». Cette intervention d'une figure populaire du football renforce la visibilité médiatique du candidat qui était invité sur LCI le 13 janvier.
Déclarations sur la sécurité et le sans-abrisme – Interrogé par la Tribune de Lyon début janvier 2026, Aulas promet un « changement de doctrine » radical sur les questions sécuritaires. Il annonce vouloir mettre fin à « l'immigration illégale tolérée » et réclame l'arrêt des occupations d'écoles et d'églises par des sans-abris, dénonçant le « laxisme » de la municipalité écologiste. Ces positions provoquent l'indignation de la gauche lyonnaise qui y voit une dérive droitière assumée.
Présentation des têtes de liste d'arrondissement – Le 11 janvier 2026, le candidat dévoile ses neuf responsables locaux, s'appuyant sur des élus expérimentés venus de LR et Renaissance ainsi que sur des personnalités du monde économique. Cette structuration territoriale marque l'aboutissement d'un travail de plusieurs mois pour bâtir une organisation électorale crédible face à la majorité sortante.
Questions fréquentes sur l'engagement politique de Jean-Michel Aulas
Pourquoi Jean-Michel Aulas a-t-il quitté la présidence de l'OL pour se lancer en politique ?
Aulas a quitté la présidence de l'Olympique lyonnais en mai 2023 suite au rachat du club et à des tensions financières, devenant président d'honneur. Sa candidature aux municipales 2026 représente une reconversion après 36 ans passés dans le football professionnel, motivée selon ses déclarations par la volonté de « sauver Lyon » de la gestion écologiste.
Quel est son projet politique pour les élections municipales de 2026 à Lyon ?
Le programme d'Aulas s'articule autour de la sécurité, avec la promesse d'un « hôtel des polices futuriste » et d'un « centre mobile de médiation de la rue » incluant des « psychologues urbains ». Il s'oppose frontalement à la piétonnisation du centre-ville et promet de défendre les intérêts des commerçants et industriels. Le candidat propose aussi la création de médiateurs formés à la « désescalade » pour gérer les tensions urbaines. Ses annonces sur la gratuité des transports, jugées « démago » par lui-même, ont suscité des tensions avec Gabriel Attal au printemps 2025.







