La retraite des fonctionnaires ne se limite pas au traitement indiciaire, et l’écart se creuse dès que les primes pèsent dans la rémunération. La retraite additionnelle de la fonction publique, dite RAFP, apporte une brique de retraite complémentaire obligatoire par points, en vigueur depuis 2005. Elle transforme une part des primes, indemnités et avantages en droits à pension, alors que ces éléments restaient longtemps hors du calcul de la retraite de base. Voici l’essentiel en 7 questions, pour comprendre un mécanisme qui concerne près de 4,5 millions d’agents.
1. Qu’est-ce que la RAFP ?
La RAFP désigne le régime de retraite additionnelle de la fonction publique, créé par la loi n°2003-775 du 21 août 2003 et appliqué depuis le 1er janvier 2005. Elle s’impose aux fonctionnaires concernés et complète la retraite de base versée par le SRE ou la CNRACL. Son objectif : ouvrir des droits sur des éléments de rémunération jusque-là peu ou pas retenus, comme les primes et certaines indemnités, afin de rapprocher la pension du revenu réel.
- Publics concernés : Fonctionnaires titulaires et stagiaires des fonctions publiques d’État, territoriale et hospitalière, ainsi que les magistrats.
- Éléments pris en compte : Primes, indemnités, heures supplémentaires, astreintes, avantages en nature et divers compléments non intégrés à la retraite de base.
- Éléments exclus : CTI et NBI.
- Articulation : Régime additionnel qui complète la retraite de base (SRE ou CNRACL).
2. Qui peut en bénéficier ?
La RAFP vise d’abord les fonctionnaires titulaires et stagiaires, avec une logique simple : dès lors qu’une partie de la rémunération échappe au calcul de la retraite principale, la RAFP crée des droits sur cette fraction. Près de 4,5 millions d’agents y cotisent, signe d’un dispositif devenu un réflexe de la sphère publique.
- Fonction publique d’État (agents civils).
- Fonction publique d’État (militaires).
- Fonction publique territoriale.
- Fonction publique hospitalière.
- Magistrats, avec une ouverture possible aux non titulaires sous critères spécifiques.
3. Comment sont calculées les cotisations ?
La RAFP calcule ses cotisations sur une assiette composée des primes, indemnités, bonifications et avantages en nature, dans la limite de 20 % du traitement indiciaire brut annuel. L’agent verse 5 % et l’employeur 5 %, soit 10 % au total sur la base retenue. Ce plafonnement évite qu’une structure de rémunération très primée ne gonfle sans borne les droits additionnels.
| Élément | Montant | Règle appliquée | Résultat |
|---|---|---|---|
| Traitement indiciaire brut annuel | 22 000 € | Sert de base au plafond (20 %). | Plafond d’assiette : 4 400 €. |
| Primes annuelles | 6 000 € | Assiette limitée au plafond. | Assiette retenue : 4 400 €. |
| Assiette et cotisation | 4 400 € | 10 % au total (5 % agent + 5 % employeur). | Cotisation : 440 € (220 € + 220 €). |
Les cotisations se transforment ensuite en points selon une règle arithmétique : cotisations annuelles divisées par la valeur d’acquisition du point. Le régime n’attribue pas de points gratuits au titre de la maladie ou de la maternité, et le suivi passe par les services en ligne, notamment via moncompteretraite.fr.
4. Comment accumule-t-on des points RAFP ?
La RAFP fonctionne par points et repose sur un principe de capitalisation, avec un compte individuel au nom de l’agent. Chaque année, le régime crédite des points selon la formule : cotisations versées divisées par la valeur d’acquisition du point. L’employeur déclare ces éléments annuellement, ce qui alimente le compteur de droits.
L’agent consulte ses cumuls sur son compte personnel RAFP, utile pour suivre l’évolution des points et préparer la liquidation. Le compte épargne-temps (CET) peut aussi se convertir en points, selon les règles prévues. À la sortie, certains agents outre-mer bénéficient d’une cotisation supplémentaire unique versée par l’employeur au moment du départ.
5. Quel est le montant de la pension et comment est-elle calculée ?
Le montant dépend d’un triptyque : nombre de points acquis, valeur de service du point, puis coefficient de majoration lié à l’âge de liquidation. Le régime applique une majoration quand l’agent liquide après 62 ans, avec un repère parlant : un coefficient de 1,22 à 67 ans. Le conseil d’administration du RAFP fixe les valeurs, et une simulation s’appuie sur le relevé de situation individuelle.
| Prestation | Formule |
|---|---|
| Rente annuelle | Points x valeur service x coeff majoration. |
| Capital | Points x valeur service x coeff majoration x coeff conversion. |
6. Sous quelle forme est versée la pension ?
La RAFP verse la prestation sous forme de capital ou de rente selon le total de points, ce qui change la nature du revenu à la retraite. La liquidation intervient à l’âge légal, avec une surcote quand l’agent décale la date au-delà de 62 ans.
- Moins de 4 599/4 899 points : Capital unique.
- De 4 600/4 900 à 5 124 points : Capital fractionné, avec une première part au départ puis un solde versé au 5e ou au 16e mois, et une bascule possible en rente si le total atteint au moins 5 125 points après la déclaration finale.
- À partir de 5 125 points : Rente mensuelle viagère.
La prestation reste cessible et saisissable, et en cas d’invalidité ou de carrière longue, le versement attend l’âge légal.
7. Comment demander sa prestation RAFP et quelles sont les autres droits associés ?
La demande s’effectue lors du départ en retraite auprès du SRE ou de la CNRACL, avec un repère d’agenda : six mois avant la date visée. Le dépôt passe par le site du RAFP ou par info-retraite.fr, avec les pièces liées à la cessation d’activité et aux droits acquis.
- Lancer la demande de prestation RAFP au moment du départ en retraite.
- Respecter un délai cible de 6 mois avant la date de départ.
- Fournir l’acte de cessation d’activité.
- Joindre les éléments permettant de justifier le nombre de points figurant au relevé.
- Déposer le dossier via le site RAFP ou via info-retraite.fr.
La RAFP ouvre aussi des droits à réversion : 50 % de la pension au conjoint, ex-conjoint ou aux orphelins, selon des conditions prévues par le régime, avec un seuil de faible montant pouvant conduire à un capital inférieur à 205 € par an. Les orphelins perçoivent 10 % chacun jusqu’à 21 ans, dans la limite du montant attribué au titulaire. Le reversement peut entrer dans une logique de déduction fiscale, sous réserve de conserver les justificatifs pendant trois ans.







