Le sigle E&R désigne Égalité et Réconciliation, une association politique française classée à l’extrême droite par Wikipédia, Le Monde et les analystes. Elle a été fondée en juin 2007 par l’essayiste Alain Soral. Son objet statutaire affiché reste la promotion des idées de son fondateur. Cet article rassemble les faits documentés sur ses origines, sa ligne idéologique, les controverses qui l’entourent et les condamnations judiciaires visant Alain Soral.
Que signifie le sigle E&R et qui l’a fondée ?
Égalité et Réconciliation est une association loi 1901 créée en juin 2007. Son siège se situe à Saint-Denis et son périmètre d’action couvre la France. Trois noms reviennent parmi ses fondateurs : Alain Bonnet, dit Alain Soral, ainsi que Jildaz Mahé O’Chinal et Philippe Péninque, ces deux derniers étant d’anciens responsables du Groupe Union Défense (GUD). Wikipédia mentionne également Marc George au nombre des cofondateurs.
Le parcours d’Alain Soral éclaire la singularité du projet. Ancien militant du Parti communiste, il a aussi siégé au comité central du Front national avant de lancer sa propre structure. Cette trajectoire, de l’extrême gauche vers l’extrême droite, nourrit le positionnement revendiqué par l’association.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Création | Juin 2007 |
| Fondateur principal | Alain Soral (avec J. Mahé O’Chinal et P. Péninque) |
| Siège | Saint-Denis (France) |
| Classification | Extrême droite (Wikipédia, Le Monde, analystes) |
| Slogan revendiqué | « La gauche du travail et la droite des valeurs » |
| Statut | Aucune dissolution formelle recensée à ce jour |
Quelle est la ligne idéologique d’Égalité et Réconciliation ?

L’association se présente comme « nationaliste de gauche » et trans-courant, résumant sa démarche par le slogan « la gauche du travail et la droite des valeurs ». Ce vocabulaire vise à brouiller les repères politiques classiques en agrégeant des références issues de bords opposés. Pour comprendre l’arrière-plan de ce terme, il peut être utile de revenir à ce que recouvre précisément la notion de nationalisme, distincte de l’usage qu’en fait l’association.
Cette auto-description ne modifie pas la lecture des observateurs. La classification d’E&R à l’extrême droite reste stable et convergente chez Wikipédia, dans Le Monde et chez les analystes, indépendamment des mots que l’organisation emploie pour se définir. Pour situer cette catégorie parmi les autres familles, on peut se reporter à la classification des partis et orientations politiques en France. Les travaux universitaires et journalistiques documentent un socle idéologique associant nationalisme révolutionnaire et antisionisme.
Pourquoi E&R fait-elle l’objet de controverses documentées ?
Plusieurs traits idéologiques attribués à l’association expliquent les controverses qui l’accompagnent. Selon Wikipédia, on y relève du conspirationnisme, de l’antimaçonnisme, de l’antisémitisme et du négationnisme. Ces qualifications proviennent de sources extérieures à l’organisation et ne sont pas reprises ici comme des positions à valider mais comme des faits décrits par ces sources.
Une instance internationale a formalisé ce constat. Le Global Project Against Hate and Extremism (GPAHE) a classé E&R, le 14 février 2023, parmi les groupes qualifiés d’« antisemitic » et de « conspiracy ». Cette classification rejoint celle des chercheurs francophones qui suivent la mouvance.
Il faut distinguer deux niveaux. D’un côté, le discours produit par la structure et son fondateur. De l’autre, le regard critique des observateurs et de la justice, qui ont qualifié et parfois sanctionné ce discours. Cet article se tient à ce second niveau, sans relayer ni argumenter les thèses en cause.
Quelles condamnations visent Alain Soral, son fondateur ?
Alain Soral est décrit comme un multirécidiviste judiciaire. La presse évoque, pour les années 2010 et 2020, plusieurs condamnations pour incitation à la haine, contestation de crimes contre l’humanité et diffamation. Les dates et détails précis de ces affaires plus anciennes restent partiellement incertains, raison pour laquelle ils sont présentés ici de façon générale.
Deux décisions récentes sont mieux documentées :
- Le 11 septembre 2025, la justice française a condamné Alain Soral à 12 mois d’emprisonnement ferme, 4 000 euros d’amende et 2 000 euros de dommages-intérêts pour injures publiques et provocation à la haine visant les communautés juives et roms ainsi que certaines personnalités. L’affaire portait sur des propos tenus en 2020 sur VK, YouTube et le site E&R, avec SOS Racisme partie civile.
- Le 26 février 2026, il a été condamné à 2 ans d’emprisonnement ferme pour association de malfaiteurs, assortis d’un mandat d’arrêt, de cinq ans de privation des droits civiques et de 15 000 euros d’amende. Il a été relaxé du chef d’apologie du terrorisme. Le dossier concernait un canal Telegram diffusant des contenus d’apologie du terrorisme après le 7 octobre 2023, la plateforme E&R, dont Soral est directeur de publication, étant citée comme relais d’influence.
Multirécidiviste judiciaire, Alain Soral a vu sa structure et ses propos sanctionnés à plusieurs reprises par la justice française.
Après cette dernière condamnation, plusieurs médias dont La Montagne rapportent qu’Alain Soral aurait quitté la Suisse pour Moscou en se présentant comme « réfugié » en Russie.
Quel est le statut actuel de l’association ?
Le statut juridique exact d’E&R reste incertain à ce jour. Aucune décision de dissolution formelle de l’association n’apparaît dans les sources consultées. Le site egaliteetreconciliation.fr et la plateforme E&R sont encore mentionnés comme actifs et impliqués dans les procédures de 2025 et 2026. Aucune dissolution ne doit donc être affirmée.
Côté audience, les chiffres disponibles proviennent de l’organisation ou d’estimations. Ils sont à lire comme tels : environ 800 membres revendiqués en 2012 et 12 000 en 2014. La diffusion des contenus passe par le site, une chaîne YouTube et des comptes sur des réseaux comme VK et Telegram, ces mêmes canaux ayant été au cœur des affaires judiciaires récentes.







