Le Pérou affiche un produit intérieur brut de 341 milliards de dollars en 2025, selon la Direction générale du Trésor français. Ce niveau en fait la sixième économie d’Amérique latine et un acteur de taille moyenne sur la scène mondiale. Derrière ce chiffre se cache un modèle particulier : un pays minier, tourné vers l’exportation, qui profite à plein de la flambée des cours du cuivre et de l’or.
Quel est le PIB du Pérou en 2025 ?
Le chiffre dépend de la source et de l’année retenue. Le Trésor avance 341 milliards de dollars pour 2025, en PIB nominal courant. La Banque mondiale, relayée par Trading Economics, retient 289,22 milliards de dollars pour 2024, son dernier exercice clôturé. Cet écart vient surtout du millésime et de la méthode de conversion, pas d’une contradiction de fond. On retrouve le même genre de divergence sur d’autres fiches pays, comme lorsqu’on examine l’évolution du PIB de la Serbie, où les sources affichent elles aussi des millésimes décalés.
Ce qui fait consensus tient en quelques repères :
- Une croissance du PIB de 3,4 % en 2025, un rythme parmi les plus solides de la région
- Une projection autour de 3 % pour 2026, portée par la consommation des ménages et l’investissement privé
- Un investissement privé en bond de 14 % sur l’année
- Une demande interne en hausse de 5,8 %
| Indicateur | Valeur | Source / année |
|---|---|---|
| PIB nominal | 341 Md USD | Trésor, 2025 |
| PIB nominal | 289,22 Md USD | Banque mondiale, 2024 |
| Croissance du PIB | 3,4 % | Trésor, 2025 |
| PIB par habitant | 9911 USD | Trésor, 2025 |
Le Pérou, pays riche ou pauvre ?
Le pays se classe dans la tranche supérieure des revenus intermédiaires, d’après la Banque mondiale. Son PIB par habitant atteint 9911 dollars en 2025 pour une population de 34,4 millions d’habitants. On est loin des standards des économies avancées, mais tout aussi loin des pays les plus pauvres du continent.
La nuance compte. Le PIB par habitant mesure une moyenne, pas une répartition. La richesse minière et l’excédent commercial gonflent les agrégats nationaux sans irriguer toutes les régions. Cette distance entre les chiffres macroéconomiques et le quotidien explique la persistance d’une question récurrente chez les internautes : un pays peut-il être à la fois performant sur le papier et inégalitaire sur le terrain ? Au Pérou, la réponse est clairement oui.
Pourquoi la croissance péruvienne tient bon ?
Tout part du commerce extérieur. Les exportations ont grimpé de 21 % en 2025, sous le double effet de la hausse des prix et des volumes. Résultat : un excédent commercial de 34 milliards de dollars, contre 23 milliards un an plus tôt. Le Pérou devient ainsi le quatrième exportateur d’Amérique latine, devant la Colombie et l’Argentine.
Les termes de l’échange ont progressé d’environ 88 % entre juillet 2022 et janvier 2026, plaçant le Pérou dans un cadre exceptionnel de prix élevés.
Ce moteur repose sur le sous-sol. Le pays est le troisième producteur mondial de cuivre et un fournisseur majeur d’argent, d’or, de zinc et d’étain. La pénurie mondiale de cuivre, le statut de valeur refuge de l’or et l’usage industriel de l’argent dans l’économie numérique placent les matières premières péruviennes en position idéale. Ce schéma d’une croissance tirée par les ressources extractives se retrouve ailleurs, notamment dans la structure de l’économie algérienne adossée à ses ressources. En 2025, presque tous les secteurs progressent : construction (+6,7 %), agriculture d’exportation (+4,8 %), commerce (+3,6 %). Seuls les hydrocarbures reculent (-1,6 %).
La stabilité monétaire renforce ce tableau. L’inflation s’établit à 1,5 % en décembre 2025, l’une des plus basses de la région. Le pays cumule près de trente ans d’inflation à un seul chiffre, un record sud-américain qui rassure les marchés et les agences de notation.
Les fragilités derrière les bons chiffres
Les performances masquent des faiblesses structurelles. La première s’appelle l’informalité : elle touche 76 % de la population active, et même 95 % en zone rurale. L’économie souterraine représenterait 18 % du PIB. Cette réalité pèse sur les recettes fiscales et bride la productivité du pays.
Les finances publiques inquiètent aussi. La dette reste contenue à 30,2 % du PIB, un niveau enviable, mais le Pérou affiche trois années consécutives de non-conformité à sa règle budgétaire. Le déficit revient sous le plafond fixé, à 2,2 % contre 3,5 % en 2024, grâce à des recettes exceptionnelles tirées des matières premières. Le jour où les cours retomberont, cette béquille disparaîtra et la hausse des dépenses courantes pourrait exercer une pression durable. Pour l’heure, les grandes agences maintiennent la dette péruvienne en catégorie Investment Grade, juste derrière le Chili dans la région.







